Émotion au Fort de Breendonk

(actualisé le ) par Mme Hamadi

Voyage De la guerre à la paix : 4e étape, le Fort de Breendonk.

Arrivée silencieuse au camp de Breendonk, dont les grillages et barbelés rendent immédiatement visibles le caractère oppressant. Marqués par la solennité du lieu et sa charge symbolique, les Marinois ont franchi la porte d’accès dotée d’une pancarte explicite (« Qui dépasse cette ligne sera fusillé », voir ci-dessous) puis ils ont arpenté le camp avec les précieuses explications des guides.

Entrée dans le camp.

Chaque lieu découvert au fil de la visite a été l’occasion d’apprendre et mieux comprendre le destin tragique des prisonniers passés entre ces murs il y a 80 ans. En effet, qu’ils aient été arrêtés, souvent après dénonciations, pour résistance, pour marché noir ou parce que Juifs, nul détenu du Fort de Breendonk n’a été épargné. Entre 1941 et 1944, chacun y a souffert et plusieurs centaines d’entre eux y sont morts. Du tunnel sombre et oppressant qui marque l’entrée du fort aux chambrées humides et froides, en passant par les sanitaires, le parcours a permis de prendre conscience de l’horreur d’une journée ordinaire, en temps de guerre, dans un camp nazi. Le quotidien n’était qu’une succession d’épreuves déshumanisantes.

24h d’une journée ordinaire en temps de guerre, à Breendonk.

La journée se réduisait à d’interminables et épuisantes heures de travail encadrées par des repas expéditifs composés d’une nourriture médiocre et insuffisante. La nuit n’offrait guère de répit, les cris provoqués par les séances de tortures résonnant alors sous les voutes du fort. Constamment menacés et pressés par des gardiens violents qui n’hésitaient pas à frapper ou à lâcher le chien du chef de camp contre un détenu, les prisonniers amaigris par la faim et le travail forcé vivaient dans des conditions d’hygiène déplorables : quelques dizaines de secondes, une fois par jour, à heure fixe, pour aller aux toilettes ; une minute, une fois par semaine pour prendre une douche, souvent à l’eau froide, et quasiment aucun vêtement de rechange.

Des douches construites pour la propagande, utilisées par les officiers nazis.

Avant de quitter les lieux, les élèves ont pu lire une plaque sur laquelle est inscrite la phrase suivante :
« Abordez ces lieux avec respect. Des hommes y ont perdu la vie pour votre liberté ». C’est détenteurs de ces mots que les Marinois ont à nouveau franchi l’étroite entrée entourée de barbelés pour retrouver le soleil et profiter d’une pause pique-nique bien méritée.